Mourir debout...

Ce matin était enterré Charb. Même sans le vouloir, je suis forcément tombé sur les nombreuses critiques à son égard... Il aurait entraîné Charlie Hebdo dans l’extrémisme anti-religieux, sur lui reposerait la responsabilité du massacre... Un extrémiste c'est quelqu'un avec une kalachnikov, pas quelqu'un avec un crayon. Et ceux qui le suivaient n'avaient pas de libre arbitre ? Je ne connaissais pas le gars, je ne me permettrais pas de parler en son nom, mais en entendant ses interviews j'étais pleinement d'accord avec ses propos. En quoi est-il "extrême" de jouer avec des symboles, fussent-ils religieux ? Que ce soit gentil et indirect ou graveleux et franc ? Que les offensés tournent la tête ! Comme les athées tournent la tête devant églises, mosquées, temples, croix, voiles, tracts, affiches, évangélistes, prières, jours féries et fêtes religieuses, dénis scientifiques et historiques, créationnisme, peur du sexe, morales anti-gays, sexisme, anti-médecine, anti-contraception, anti-IVG, anti-laïque... ainsi que devant l’écrasante pression culturelle indirecte de vos religions. Jamais un athée ne m'a abordé dans la rue ou distribué un tract ! Comme je n'ai jamais vu d'églises d'incroyants, ou d'athée piquer une crise parce que l'on touchait à ses convictions. De même, contrairement à la plupart des grandes religions, nous n'avons jamais torturé, brûlé, exécuté en masse ceux qui ne pensent pas comme nous... Il n'est pas extrême d'oser caricaturer les dieux, il est extrême de vouloir l'interdire ! Cette culture humaine appartient à TOUS. Et s'il en est pour hurler leur foi, il faut des personnes en face pour hurler que c'est ridicule ! La liberté d'expression française n'a pour limites que le négationnisme, la diffamation, l'apologie de crimes, de terrorisme, le racisme, l'homophobie, l'appel à la violence... Or ils ont dessiné leurs convictions sans jamais appeler à casser du croyant. On les a traîné en justice et ils ont gagné, la discussion s’arrête là, ils étaient dans leur plein droit et ce sont des victimes, point ! La violence n'était pas dans leurs dessins, elle était dans vos susceptibilités.